Kaamelot sur Fluctuat.net

Publié le par Berlewen

Comment passe-t-on d’un court métrage à une série culte ? Comment passe-t-on d’une série culte à une trilogie cinématographique ? Caméra Café avait vu haut, Kaamelott, le bébé d’Alexandre Astier encore plus. Il semble d’ailleurs que plus rien ne l’arrête dans son ascension vers la gloire. Formats délirants, trame narrative de plus en plus complexe et guest stars qui se bousculent au portillon, Kaamelott est un véritable ovni dans le PAF.

Genèse


Tout commence lors du festival Off-Courts en 2003. Alexandre Astier, jeune talent dans de nombreux domaines (musique, réalisation et comédie), présente un court métrage intitulé Dies Irae. Récompensé par le prix du public (puis par de nombreux autres prix dans différents festivals), le jeune homme réalise qu’il tient au creux de ses mains un petit chef d’œuvre. N’étant pas du genre à attendre qu’on vienne le cherche, Astier décide de tourner un pilote de six épisodes de 5 minutes chacun. La série est rebaptisée Kaamelott, titre plus facile à retenir et plus dans le sujet. Au même moment, Astier apprend que Caméra Café, petite chérie de M6, prend sa retraite et que la chaîne est à la recherche d’un nouveau concept. Il se rend donc aux productions CALT, très vite séduites par le projet. Le jeune talent repart avec une nouvelle commande : 4 épisodes de 3m30 qu’il présentera peu après à M6. La suite, on la connaît : 7 saisons en tout seront signées.


Trop à l’étroit dans son format


Après un format de 15 minutes pour son court métrage Dies Irae, Alexandre Astier tombe à 5 minutes puis à 3 minutes 30 afin de coller à la case horaire qu’on lui a offerte chez M6. Mais au bout d’un moment, ses désirs de longueur deviennent plus pressants. Il lui faut un nouveau format. M6 passe deux épisodes par jour ? Soit, elle n’en passera désormais qu’un mais de 7 minutes. Ce sont les derniers épisodes du livre IV qui serviront de test. Mais 7 minutes, c’est encore peu pour exprimer son talent. En 2007, Astier commence le livre 5 avec deux épisodes de 52 minutes. Et pour finir, Kaamelott deviendra, dès 2008, un long métrage sous forme de trilogie. On peut dire que le créateur n’a pas peur d’innover !


Déroulement théâtral


Chaque épisode est découpé en cinq séquences. Tout d’abord le prologue : 15 secondes qui annoncent la couleur. Vient ensuite le générique qu’Astier récrit tous les 100 épisodes. Oui ! Car en plus d’être monteur, scénariste, dialoguiste, acteur, et réalisateur, il est aussi – et avant tout - musicien. Puis vient le développement selon un schéma classique en trois actes. Le générique de fin débarque, toujours coupé par l’épilogue. L’épisode se termine sur un fondu au noir avec un gag sonore. Procédé habile qui permet au téléspectateur de laisser libre court à son imagination.


De l’épisode autonome aux Cliffhangers


Le premier livre, sûrement à cause de son avenir incertain au sein de la chaîne, ne comporte que des épisodes indépendants. Chaque péripétie des chevaliers peut être vue seule. M6 diffuse d’ailleurs la série dans un ordre aléatoire. Il faut attendre la fin du livre II pour commencer à apercevoir une chronologie historique. Tout le livre III suivra une trame narrative précise et terminera même sur un Cliffhanger, c'est-à-dire une fin abrupte qui appelle une suite. Kaamelott se distingue dès lors de Caméra Café en devenant une mini-série qui doit être suivie chaque soir afin d’avoir tous les éléments narratifs nécessaires pour l’entière compréhension de l’histoire.


Les Guest Stars : signe extérieur de succès


Comme beaucoup de mini-séries et souvent pour leur faire un peu de pub, des « stars » sont sollicitées. Kaamelott ne fait pas exception à la règle et on peut y rencontrer : Emma de Caunes en maîtresse d’Arthur, Antoine de Caunes en seigneur Dagonnet, Bruno Salomone en romain trop proche des bretons, Elie Semoun en chrétien hystérique, mais aussi Léa Drucker ou encore François Rollin. Certains des guest sont même devenus des rôles réguliers comme le maître d’arme joué par Christian Bujeau, Caïus (Salomone) et Dagonnet. Les livres IV et V n’amènent aucune nouvelle tête connue à par celle d’Alain Chabat. Kaamelott, trop élitiste ? Vu le succès, la série peut se le permettre et Astier présente ce choix comme un refus « de céder aux pressions économiques ». Même si M6 souhaite voir certains de ses animateurs dans la peau d’un personnage de Kaamelott, Astier est intransigeant sur le sujet. Et c’est tant mieux.


Un peu de marketing


Kaamelott se décline sous toutes les formes. En collaboration avec un spécialiste de la Table Ronde, Martin Aurel, Eric Le Nabour, historien et biographe français, décide d’utiliser la série pour écrire un livre sur la légende d’Arthur. Par la suite, le dessinateur Steven Dupré et Alexandre Astier entreprennent la création d’une BD dont le premier tome sorti en 2006 raconte le combat d’Arthur contre des zombies. L’Armée du Nécromant (titre de la BD) présente les personnages de Kaamelott mais offre aussi une histoire inédite. Sans oublier les DVD collectors, valeur sûre pour Noël.

Le succès de Kaamelott, basé sur une vraie qualité d’écriture et une grande originalité, peut-il durer ?
Son créateur est confiant : « Kaamelott, c’est un carrefour entre le médiéval fantastique et la réalité historique. C’est inépuisable comme terrain de jeux. »


Tant mieux…

Publié dans Presse

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